
LA BEAC DEMENT TOUT LIEN DANS LE FINANCEMENT DU MEGA PROJET IMMOBILIER D’IMPEX TRADING SARL AU CAMEROUN
Dans un communiqué datant du 22 Mai 2026, la Banque des Etats d’Afrique Centrale, par la voix de son Gouverneur, « informe l’opinion publique qu’elle n’a accordée, à ce jour, aucune approbation, validation ou garantie au projet porté par la société IMPEX TRADING SARL relatif à la mobilisation annoncée de fonds destinés au financement de programmes immobiliers d’un montant de 10,7 milliards de dollars américains. »
En effet l’entreprise Camerounaise avec des partenaires basés à Dubaï revendique depuis 2023 bénéficier d’une garantie de retour des Investissements Internationaux à hauteur de 10.7 milliards de dollars américains pour son pharaonique projet immobilier dans la ville de Douala, Ndolle City.
Junior Abraham Ngosso, directeur général de l’entreprise et vice-président du comité interministériel de facilitation du programme Ndolle City, estime que l’impact attendu de ce-dernier dépasse la seule dimension immobilière. Il évoque un effet sur l’ingénierie locale, la transmission d’expertise et la substitution progressive aux prestations importées, y compris dans les services techniques et l’accompagnement des projets.
Selon Foka Gilles Herman, vice-président exécutif et coordinateur, Ndolle City pourrait générer jusqu’à deux millions d’emplois et attirer cinq millions de touristes à terme. Plus de 5 300 entreprises étrangères seraient déjà recensées comme partenaires potentiels, un chiffre présenté comme un indicateur de l’exposition internationale attendue pour les entreprises camerounaises impliquées.
En outre, selon la BEAC : « Depuis l’ouverture de ce dossier, la Banque Centrale a relevé l’insuffisance des éléments justificatifs requis pour son instruction, notamment en ce qui concerne l’origine des fonds, l’identification des investisseurs, la documentation contractuelle et la consistance financière de l’opération. »
Ainsi par correspondance du 5 mai 2025, la Banque Centrale a expressément indiqué qu’aucune suite favorable ne pouvait être donnée à la déclaration en l’état. Bien mieux, la BEAC a signalé à l’Agence Nationale d’Investigation Financière (ANIF), dès le 23 juin 2025, ses doutes quant à l’absence de documents permettant de justifier la faisabilité du projet ainsi que la réalité des ressources annoncées.
Au vue de tous ces manquements, la Banque Centrale exprime ses vives préoccupations quant à « diffusion répétée de communications pouvant laisser croire à une implication de la BEAC dans ce projet. »
La BEAC tenant « à préciser que les échanges intervenus avec le promoteur ou ses correspondants s’inscrivent exclusivement dans le cadre normal de l’examen administratif du dossier et ne sauraient, en aucun cas, être interprétés comme une caution institutionnelle. »
En conséquence de quoi, la Banque Centrale invite « le public, les partenaires financiers et l’ensemble des parties concernées à faire preuve de la plus grande vigilance à l’égard de toute communication attribuant à la Banque Centrale un rôle qu’elle n’a pas dans cette opération. »
Cette mise en garde du Gouverneur Yvon Sana Bangui sonne comme une alerte préventive sur un projet mirobolant pouvant avoir d’immenses répercussions sur plusieurs maillons de la chaîne financière pour la sous-région. Le Gouvernement Camerounais qui semble accompagner ce projet au plus haut niveau devrait certainement prendre en considération cet avis expert pour y apporter les ajustements nécessaires ou agir en conséquence.
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