
LE GOUVERNEUR DE LA BEAC A LA MANŒUVRE POUR LA MATERIALISATION DE L’INSTITUT MONETAIRE REGIONAL
L’inclusion financière continentale est un projet majeur du programme stratégique du Gouverneur de la BEAC et président de l’Association des Banques Centrales d’Afrique (ABCA), Yvon Sana Bangui. En réunion avec son homologue Ouest Africain à Dakar, cette question a été abordée avec la volonté de matérialiser l’institut monétaire régional.
La création de cette structure est devenue une priorité depuis l’élection de monsieur Sana Bangui à la tête de l’ABCA le vendredi 28 novembre 2025, à la fin des 47ᵉ réunions annuelles de l’association, organisées à Yaoundé. Dès son arrivée, le Gouverneur de la BEAC avait promis d’assurer la coordination des activités, de suivre les travaux techniques, de favoriser la coopération entre banques centrales et d’appuyer les initiatives d’intégration monétaire en Afrique.
Ainsi, à la rencontre de Dakar, ce 07 Mai 2026, le Bureau de l’Association des Banques Centrales Africaines (ABCA) a réaffirmé sa détermination d’accélérer le processus d’intégration monétaire et financière du continent, dans un contexte international marqué par de fortes incertitudes économiques et géopolitiques. Malgré ces contraintes, les responsables des banques centrales africaines affichent leur ambition de renforcer la résilience économique du continent et de progresser vers une architecture monétaire africaine plus intégrée.
Au centre des échanges figurait principalement la mise en œuvre de l’Institut Monétaire Africain (IMA), considéré comme une étape majeure dans le processus de création d’une future union monétaire continentale. Le président de l’ABCA et gouverneur de la Banque des États de l’Afrique Centrale (BEAC), Yvon Sana Bangui, a largement centré son intervention sur cet enjeu stratégique.
Il a reconnu que « le chemin vers la monnaie unique africaine reste long et semé de nombreux défis », tout en estimant que les avancées enregistrées démontrent la capacité des institutions africaines à progresser grâce à la coopération et à la solidarité. Pour le président de l’ABCA, l’IMA représente désormais « un déterminant central de la marche vers l’intégration monétaire et financière ». Il a souligné que l’opérationnalisation de cette institution n’est plus « un projet lointain », mais une étape concrète et décisive dans la construction d’une future union monétaire africaine.
Dans son discours, Yvon Sana Bangui a également insisté sur les défis auxquels les banques centrales africaines doivent faire face dans un environnement mondial marqué par « la persistance des tensions géopolitiques, commerciales et sécuritaires », ainsi que par une forte vulnérabilité des économies africaines aux chocs externes.
Dans le même sillage, Francesca Tatchouop Belobe, commissaire chargée du Développement économique, du Commerce, du Tourisme, de l’Industrie et des Mines de la Commission de l’Union africaine, a souligné que l’Afrique traverse « un moment charnière » marqué par des crises géopolitiques et climatiques qui mettent à rude épreuve les économies du continent.
Selon elle, ces turbulences constituent toutefois une opportunité pour renforcer l’intégration monétaire africaine et bâtir une plus grande résilience financière. Elle a mis en avant les perspectives économiques encourageantes du continent, rappelant que plusieurs économies africaines figurent parmi les plus dynamiques au monde, avec 22 pays attendus à plus de 5 % de croissance en 2026.
Face à cette conjoncture, il a plaidé pour un renforcement du rôle de l’ABCA comme espace de dialogue, d’apprentissage et de solidarité entre les banques centrales du continent.
Le président de l’ABCA a par ailleurs salué le rôle du Nigeria, pays hôte de l’Institut Monétaire Africain, notamment pour la mise à disposition des infrastructures et des facilités logistiques destinées à accompagner la phase de démarrage de l’institution.
Il a enfin appelé les banques centrales africaines à maintenir leur engagement afin de garantir le lancement effectif des activités fondamentales de l’IMA dans les délais annoncés.
Selon les experts, la mise en place de l’IMA précède la création de la Banque centrale africaine (BCA) et d’une monnaie unique pour le continent. Elle constitue à ce titre une étape cruciale vers la souveraineté monétaire continentale.
Pour rappel, l’histoire du projet de monnaie unique pour l’Afrique remonte au traité d’Abuja de 1991, qui a défini un plan par étapes pour l’intégration économique du continent et la création d’une communauté économique africaine. Depuis la création de l’Union africaine en 2002, l’idée a pris un nouvel élan : il était prévu que la monnaie « afro » devienne la dernière étape de l’unification, remplaçant les monnaies nationales et libérant les pays de leur héritage colonial (en particulier, de leur dépendance au FCFA).
Dans les années 2000, Mouammar Kadhafi était le plus fervent partisan du projet, promouvant le dinar-or comme moyen d’assurer l’indépendance financière de la région. Malgré les plans ambitieux visant à lancer la monnaie d’ici 2021-2028, sa mise en œuvre est constamment reportée en raison des écarts de développement économique entre les pays, de l’absence d’une banque centrale unique et de la difficulté à s’accorder sur des critères communs en matière d’inflation et de déficit budgétaire.
En accélérant la mise en œuvre de l’IMA, le Gouverneur Yvon Sana Bangui renforce les processus d’intégration régionale et confirme surtout son positionnement comme un des piliers de la vision unitaire de l’Afrique. Une posture que les milieux financiers mondialistes scrutent désormais avec la plus grande attention, conscients que la souveraineté monétaire africaine serait fortement incompatible avec les logiques de prédation capitalistiques qui les gouvernent.
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