Pour la première fois de son histoire, la Banque de développement des États de l'Afrique centrale (BDEAC) a émis une obligation sur les marchés internationaux. Soutenue par l'Africa Finance Corporation et complétée par un prêt de la BADEA, l'opération lui permet de mobiliser 222 millions de dollars, soit environ 125 milliards de FCFA. Reste à prouver que ces fonds se transformeront en projets concrets pour les six pays de la CEMAC.

Une première pour l'institution de Brazzaville
C'est une étape inédite pour l'institution financière sous-régionale. Le 13 octobre 2026, la BDEAC, dont le siège est à Brazzaville, a réalisé sa toute première émission obligataire sur les marchés internationaux. Cette opération inaugurale accroît la surface bilantielle de la banque tout en l'engageant à une discipline de transparence vis-à-vis des investisseurs.
Libellée en euros après une couverture de change entre l'euro et le dollar, l'obligation offre un coupon annuel de 7,88 % et arrive à échéance en octobre 2029, soit un horizon d'environ trois ans. L'Africa Finance Corporation (AFC) est intervenue comme investisseur d'ancrage stratégique. La BDEAC n'a toutefois précisé ni le montant de sa souscription, ni la répartition complète des fonds mobilisés.
Les chiffres clés
« Un signal de confiance », selon la direction
Pour le président de la banque, Dieudonné Evou Mekou, cette opération consacre l'accès à une nouvelle source de financement. Elle traduit aussi le soutien des investisseurs à la transformation et à la modernisation de la banque, engagées ces dernières années, et confirme son rôle grandissant au sein de la communauté des banques multilatérales de développement.
« Cette opération témoigne de la confiance croissante des investisseurs internationaux dans ses fondamentaux financiers. »Dieudonné Evou Mekou, président de la BDEAC
Un coût à rapprocher de la notation
Le niveau du taux s'apprécie au regard du profil de crédit de l'institution. Moody's lui a attribué une note Ba3, assortie d'une perspective stable, en novembre 2025, avant de la confirmer en septembre 2026.
Autrement dit, le coupon de 7,88 % reflète le prix qu'exigent aujourd'hui les investisseurs pour prêter à la BDEAC. Une amélioration de la notation pourrait réduire ce coût lors de futures émissions.
Une étape du plan « AZOBÉ »
L'opération s'inscrit dans le plan stratégique 2023-2027 « AZOBÉ », dont l'un des axes est la diversification des ressources de la banque. En ouvrant la voie des marchés internationaux, la BDEAC cherche à disposer de ressources plus importantes pour répondre aux besoins de la sous-région.
Un second accord signé à Bangkok
Le même jour, à Bangkok, l'institution a également signé un accord de 30 millions d'euros avec la Banque arabe pour le développement économique en Afrique (BADEA). Cette enveloppe est destinée au financement du secteur privé et des petites et moyennes entreprises (PME) de la sous-région.
Où iront les fonds ?
Selon la banque, les ressources mobilisées représentent près de 15 % de son bilan. Elles doivent soutenir l'accélération des décaissements dans les six pays de la CEMAC, notamment en faveur des infrastructures, de l'agriculture, de l'agro-industrie et de l'industrie.









