
Le Président de la Banque de Développement des Etats de l’Afrique Centrale (BDEAC), Dieudonné Evou Mekou, a accordé une audience, le 12 février 2026 à Brazzaville, au Dr Sidi Ould Tah, Président du Groupe de la Banque africaine de développement (BAD), dans le cadre d’une visite officielle de travail. Cette visite ouvre une nouvelle phase dans la coopération financière entre institutions africaines.
De l’avis des experts, cette entrevue revêt un caractère historique : il s’agit de la toute première visite d’un Président du Groupe de la BAD au siège de la BDEAC depuis la création de l’institution sous-régionale.
Cette rencontre a permis aux deux dirigeants de saluer la qualité de la collaboration existante et d’exprimer leur volonté d’intensifier les actions conjointes afin d’améliorer l’impact des financements dans les pays d’Afrique centrale. Les objectifs affichés étant d’accroître la mobilisation des ressources financières ; accélérer le financement des projets structurants ; et soutenir le développement économique et social de la région.
Les échanges ont également porté sur le positionnement de la BDEAC dans la nouvelle architecture financière africaine que la BAD entend promouvoir pour harmoniser les instruments de financement du continent. Dans cette dynamique, l’institution sous-régionale est appelée à jouer un rôle plus stratégique, notamment en renforçant sa capacité de mobilisation des ressources pour soutenir les grands projets économiques.
Cette convergence de vues ouvre ainsi la voie à une coopération plus étroite, guidée par une ambition partagée, à savoir bâtir des institutions financières africaines solides, complémentaires et adaptées aux défis économiques et sociaux actuels.
Pour la BAD, ce partenariat va davantage faciliter son action en vue de réduire la pauvreté en Afrique en promouvant un développement économique durable et un progrès social dans ses pays membres régionaux. C’est le moment de rappeler que la BAD finance activement l’intégration de la CEMAC à travers des projets d’infrastructures majeurs, avec un engagement de près de 1 000 milliards FCFA pour 38 projets régionaux (transports, énergie, numérique). Les projets clés incluent le barrage de Chollet, des corridors routiers (Congo-Gabon-RCA) et l’interconnexion électrique Cameroun-Tchad.
Coté BDEAC, elle finance activement les projets intégrateurs de la CEMAC, notamment les 11 à 12 projets prioritaires du Programme Économique Régional (PER). Ces projets, axés sur les infrastructures (transport, énergie, numérique), visent à désenclaver la sous-région, faciliter les échanges et stimuler la croissance, avec une forte implication de la BDEAC à travers des financements directs et la mobilisation de fonds, totalisant plusieurs centaines de milliards de FCFA.
En harmonisant leurs perspectives d’action, comme lors de cette rencontre de Brazzaville, les deux institutions financières régionales inaugurent une démarche concertée plus forte et susceptible de porter des résultats très rapidement dans les pays de la sous-région. Elle va surtout conforter la BDEAC dans sa mission de financier du développement en Afrique centrale et consolider son positionnement au sein de l’architecture financière continentale.








