Dévaluation du FCFA : Yvon Sana Bangui dément et rassure

Alors que la sous-région de la Communauté des Etats d’Afrique Centrale (CEMAC) savoure encore l’historique victoire sur les instances internationales de Décembre 2024, lorsque la proposition de reversement des fonds de restauration des sites miniers et pétroliers avait sonné dans les antres du palais de l’unité de Yaoundé comme une révolution, de nouvelles rumeurs naissent en ce début janvier 2026 à propos d’une éventuelle dévaluation de leur FCFA. Telle une trainée de poudre, cette nouvelle circule dans les commentaires d’experts sur la toile avec la vitesse et la mécanique d’une sentence qui semble avoir été prise dans quelque salon feutré des institutions financières de Bretton Woods à l’insu des principales cibles sur qui elle devrait prendre corps.

Face à l’ampleur et l’efficacité de cette campagne sournoise et pernicieuse dans les réseaux sociaux, le Gouverneur de la Banque des Etats d’Afrique Centrale (BEAC) vient de formuler un démenti empreint de clarifications et de précisions on ne peut plus justes à propos. Yvon Sana Bangui informe ainsi l’opinion que :

« Notre monnaie, garantie par la coopération avec la France et soutenue par des réserves de change confortable, reste stable et convertible. Les fondamentaux économiques de la CEMAC, bien que marqués par des défis, ne justifient en rien une telle mesure ». 

Cette déclaration du Gouverneur va en droite ligne avec les observations internes de son institution qui martelaient déjà en Décembre 2025 que pour 2026, l’on devait constater une reprise des réserves de change de la CEMAC, anticipant un niveau d’environ 6 566 milliards de FCFA, après une baisse en 2025, avec un objectif de couvrir plus de quatre mois d’importations, malgré des fluctuations liées aux défis économiques régionaux et mondiaux. La stratégie incluant le renforcement de la réglementation et l’augmentation des taux directeurs pour stabiliser le FCFA et reconstituer les avoirs.

Selon toujours la BEAC, à fin décembre 2025, les réserves avaient chuté à 6377,3 milliards FCFA (11,45 milliards $), contre 7294,9 milliards un an plus tôt. Face à cette baisse, la banque a décidé de renforcer sa politique monétaire afin de préserver la stabilité financière de la zone CEMAC.

D’après les analyses de la banque, ces mesures auront une incidence positive sur la stabilité monétaire en permettant au « taux de couverture extérieure de la monnaie d’évoluer sur une tendance haussière pour se situer en moyenne annuelle autour de 72,4 % sur la période 2026-2028, après 67,0 % en 2025 ».

D’ailleurs, les experts estiment que cet objectif pourra être atteint du fait de la signature de nouveaux accords avec le Fonds monétaire international (FMI) et le recours à des emprunts extérieurs par les États membres. Ils expliquent aussi que les exportations non pétrolières de cette sous-région restent solides et attirent des investissements étrangers, notamment dans le gaz, l’or et les mines solides.

En plus le renforcement de la réglementation des changes et l’émission d’eurobonds par certains pays, comme le Cameroun et le Gabon, contribueront également à diversifier les sources de financement et à mieux contrôler les flux de devises.

Afin de parvenir à cette reprise et de freiner la baisse des réserves constatée fin 2025, le Comité de politique monétaire a alors pris des dispositions telles que le relèvement du principal taux directeur de 4,50 % à 4,75%, et le taux de la facilité de prêt marginal de 6 à 6,25 %. L’objectif étant de préserver la stabilité du FCFA et de soutenir la reconstitution des réserves de change.

De façon graduelle, ces différentes décisions vont favoriser la croissance des réserves de change qui passeront de 6 566 milliards de FCFA en 2026, à 6 983 milliards en 2027, avant de franchir à nouveau le seuil symbolique des 7 000 milliards de FCFA à l’horizon 2028, soit près de 12,5 milliards de dollars. Cette trajectoire permettrait alors à la CEMAC de maintenir une couverture des importations supérieure à quatre mois.

Fort de cette démarche méticuleuse, rigoureuse et pragmatique, le Gouverneur Yvon Sana Bangui de rassurer avec fermeté :

« Nous appelons au calme et à la vigilance face aux fausses informations, et rappelons que toute communication officielle concernant la politique monétaire émane exclusivement de nos canaux institutionnels ».

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