Côte d’Ivoire : Une émergence brisée par le surendettement

Analyse – Par Ferro Bally

Longtemps présentée comme un « miracle économique africain », la Côte d’Ivoire se heurte aujourd’hui à une réalité beaucoup moins flatteuse. Derrière les discours officiels, les classements internationaux et les chiffres triomphants, le pays se retrouve à nouveau classé parmi les Pays Pauvres Très Endettés (PPTE), signe inquiétant d’un retour dans le cercle vicieux du surendettement.

Des signaux inquiétants

Alors que le gouvernement multiplie les annonces de « succès macroéconomiques », un accord a discrètement été signé pour bénéficier d’un mécanisme de soutien réservé aux nations étranglées par la dette, exposées à la pression des créanciers et aux fonds vautours.
En clair, la Côte d’Ivoire peine à honorer ses engagements financiers et se trouve placée sous la supervision accrue du FMI, qui impose depuis avril 2023 un nouvel ajustement structurel.

Une contradiction flagrante

Le contraste est saisissant : d’un côté, Abidjan revendique le rang de 9ᵉ économie d’Afrique et 2ᵉ d’Afrique francophone ; de l’autre, la population subit la flambée des prix et la précarité quotidienne. Les grands projets d’infrastructures, souvent cités en vitrine de l’émergence, apparaissent de plus en plus comme des instruments de communication politique financés par une dette croissante.

Le coût social du surendettement

Selon les analystes, quatre constats s’imposent :

  • La Côte d’Ivoire vit largement au-dessus de ses moyens.
  • Elle replonge dans un endettement insoutenable.
  • Elle devient vulnérable aux créanciers internationaux.
  • Elle tente de masquer ces difficultés derrière une communication économique optimiste.

La réalité est implacable : les chiffres peuvent être enjolivés, mais les dettes, elles, ne mentent jamais.

Une dépendance accrue

La conclusion est sans appel : la Côte d’Ivoire ne contrôle plus totalement son destin économique. Présentée comme une puissance régionale, elle se retrouve en réalité sous perfusion financière, dépendante des institutions internationales et des marchés extérieurs.

Les promesses d’« émergence » se heurtent désormais à une vérité amère : le pays a hérité non pas d’une indépendance économique, mais d’une nouvelle dépendance. Et tant que la gouvernance privilégiera l’image d’un eldorado au détriment d’une gestion rigoureuse et souveraine, ce sont les populations ivoiriennes qui en paieront le prix fort.

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