
LE CAMEROUN ET LE TCHAD LOCOMOTIVE DE LA CROISSANCE
Le baromètre de la Banque mondiale pour la fin du quatrième trimestre 2025 confirme le rôle de leadership économique du Cameroun et du Tchad sur la croissance de la sous-région de la Communauté Economique des Etats d’Afrique Centrale (CEMAC). Les deux pays enregistrent un taux de performance égal de 3,7% qui contraste avec celle des autres pays du même espace.
De l’avis des experts, les chiffres de croissance du Cameroun s’expliquent par le bénéficie d’une augmentation de l’offre d’électricité et d’une hausse des investissements publics et privés, tandis que le Tchad tire profit d’une production agricole favorable et d’une demande intérieure stimulée par l’afflux de réfugiés soudanais.
L’analyse de la croissance de ces deux économies qui dominent la sous-région montre un le dynamisme des activités non pétrolières et une discipline budgétaire accrue. En outre, le Cameroun renforce son statut de poumon économique avec une dette sous les 70% du PIB.
Malgré les bons résultats du Cameroun et du Tchad, la croissance régionale de la CEMAC plafonne à 2,8 % en 2025, loin derrière l’UEMOA (6,2%). Ce chiffre clé traduit la dépendance persistante aux hydrocarbures et la vulnérabilité face aux chocs externes. La baisse des cours du pétrole et la maturité des gisements au Gabon et en Guinée équatoriale fragilisent les balances commerciales et les recettes budgétaires.
Le déficit budgétaire régional quant à lui reste stable à -1,3% du PIB, tandis que la dette publique atteint 52,2% du PIB en moyenne, avec des niveaux alarmants au Congo (93,5%) et Gabon (74,7%). Ces contraintes budgétaires limitent la capacité des États à investir dans les infrastructures et à soutenir la croissance.
En outre ces performances confirment les observations du dernier rapport de politique monétaire de la Banque des États de l’Afrique centrale (BEAC) publié début octobre 2025, où le Cameroun et le Tchad se distinguent comme les marchés bancaires les plus attractifs de la Communauté économique et monétaire de l’Afrique centrale (CEMAC) en matière de coût du crédit.
D’après le rapport, le deux pays affichent respectivement des taux d’intérêt moyens de 7,22 % et 7,92 %, soit nettement inférieurs à la moyenne communautaire (11,80 %). Ces niveaux traduisent une meilleure accessibilité du financement bancaire et une moindre perception du risque de crédit dans ces deux pays, souvent soutenus par des politiques publiques de bancarisation plus actives.
À l’opposé, les banques du Gabon et de la Guinée équatoriale pratiquent des taux bien plus élevés, respectivement 24,81 % et 15,59 %, soit deux à trois fois plus que ceux observés au Cameroun et au Tchad. Cette flambée s’explique par la faible concurrence bancaire, le risque crédit élevé et le manque de profondeur du marché financier dans ces économies plus dépendantes des recettes pétrolières.
Afin d’améliorer les performances des Etats membres, la BEAC poursuit une politique de renforcement de la résilience et de la capacité de diversification des activités. A l’effet d’y parvenir, les résolutions de la dernière session extraordinaire de la conférence des Chefs d’Etat de la sous-région ont consacré le projet PREF-CEMAC comme outil d’incitation et d’évaluation d’import-substitution, un mécanisme communautaire décisif pour l’industrialisation.
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