
LA RECETTE GAGNANTE DU PROFIT RECORD DE LA BEAC EN 2024
Avec un résultat net en hausse de 14,56 % le conseil d’administration de la Banque des Etats d’Afrique Centrale (BEAC) a annoncé le 26 mars dernier, les états financiers de l’institution pour l’exercice clos au 31 décembre 2024, indiquant un bénéfice net record de 354,7 milliards FCFA (540,7 millions d’euros). Dans un communiqué de presse, la banque centrale a justifié la croissance de cet indicateur par « une gestion rigoureuse et transparente, axée sur la rationalisation des dépenses et l’optimisation des produits d’exploitation», sans oublier des « mesures mises en œuvre par le Gouverneur pour renforcer la gouvernance et améliorer la performance de l’institution ».
Selon la banque centrale, les frais de personnel ont légèrement augmenté (+2,2 %) et les autres charges d’exploitation ont connu une poussée plus marquée (+21,4 %), mais ces hausses ont été largement compensées par les économies réalisées sur les postes les plus lourds. Les capitaux propres atteignant environ 2 250 milliards FCFA, reflet d’une meilleure résilience patrimoniale et d’une gouvernance financière disciplinée.
D’après les experts, historiquement la BEAC tire principalement ses revenus des intérêts qu’elle perçoit des États membres sur leurs créances consolidées ; des intérêts et produits payés par le Trésor français sur la base des dispositions de la convention du compte d’opérations et des intérêts reçus au titre des prêts qu’elle accorde aux banques de la CEMAC.
Sur la niche du compte d’opérations et des intérêts générés des prêts aux banques de la sous-région, la BEAC est rémunéré sur la base du taux directeur de la Banque centrale européenne (BCE). Cette dernière, depuis 2022, a fixé des taux historiquement élevés pour tenter de freiner l’inflation, ce qui a profité depuis lors à la BEAC même si l’institution européenne a changé l’orientation de sa politique monétaire en réduisant ses taux à partir de juin 2024.
Concernant les prêts et avances accordés aux banques commerciales dans le cadre de ses opérations d’open market, la BEAC a renforcé son offre d’injection et suspendu ses opérations de retrait de liquidité. Une décision qui peut avoir contribué à renflouer la trésorerie des établissements de crédits, générant d’importantes plus-values pour la Banque.
La BEAC tire également ses profits des commissions issues des : transferts entrants et sortants, gains de change réalisés sur opérations en devises, plus-value sur opérations de cession d’or, revenus des titres de placement et des participations… Sur le premier point, il faut noter que la mise en œuvre de la réglementation des changes depuis quelques années favorise le rapatriement des devises vers la CEMAC ce qui, au-delà de conforter la position extérieure des pays, constitue également une bonne source de revenu pour la BEAC.
Concernant les réserves d’or, la banque centrale procède régulièrement à des cessions-rachat d’une partie de ses avoirs, à l’effet d’extérioriser des plus-values importantes. En 2024, la valeur de l’or a connu une croissance de 34%, selon Bloomberg. La BEAC a certainement tiré profit de cette hausse du cours du métal.
Notons également qu’en plus des actifs financiers libellés en devises dans lesquels elle investit, la BEAC depuis mars 2023, place une partie de ses avoirs à la Banque mondiale dans le cadre du Programme de service de conseil et de gestion des investissements (RAMP -Reserve Advisory and Management Program). Cette nouvelle niche peut également avoir contribué à renforcer son résultat annuel.
Grace à ce nouveau succès, la BEAC a procédé, le 23 juillet 2025, à la réactualisation de ses statuts arrêtés au 30 juin dernier. L’un des principaux changements concerne la hausse du capital social, désormais porté à 353 milliards FCFA (environ 538,14 millions d’euros) contre 132 milliards précédemment. Cette augmentation représente une progression de 167,5 %, selon les précisions fournies par la Banque centrale de la zone CEMAC.
Comme le prévoit l’article 2 des statuts de l’institution, l’augmentation de capital, validée par le conseil d’administration en mars 2025, a été réalisée par l’incorporation de 221 milliards FCFA prélevés sur les réserves facultatives issues des bénéfices non distribués, et ce capital reste réparti à parts égales entre les six États membres de la CEMAC (Cameroun, Congo, Gabon, Guinée équatoriale, République centrafricaine et Tchad).
Cette recapitalisation entièrement interne, sans financement extérieur, permet aux États membres de réaffirmer leur volonté de renforcer à la fois la gouvernance et l’autonomie financière de leur Banque centrale.
Sous le magistère du Gouverneur Yvon Sana Bangui, en fonction depuis le 1er mars 2024, la BEAC connait des résultats records tant au niveau des profits que celui de sa recapitalisation, ce qui confirme un management basé sur la performance et engagé à porter les transformations économiques majeures dans la sous-région.
<a href= »https://drive.google.com/file/d/1hwX5xMZhzS4yeI4vzFSsl7zsSOfzyJ4H/view?usp=drive_link » download style= »display: inline-block; background-color: #1F82BE; color: #ffffff; padding: 12px 24px; border-radius: 8px; text-decoration: none; font-weight: bold; text-align: center; »>
📄 Voir ou Télécharger le PDF
</a>









